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mardi 3 septembre 2013

La lettre d'Adèle

 
 
Parmi les commentaires reçus suite à la parution de mon premier roman, voici celui d’Adèle :
 
 
« Bonjour Monsieur Umlil,
Votre roman m’inspire ces quelques mots.
Cordialement,
Adèle

 
J’ai lu Le Spectre de l’Isotèle.
Quel titre !
Un titre qui intrigue.
Et c’est bien une intrigue qui débute par cette épigramme empreinte à la fois de combativité et d’une forme de fatalisme.
Luchar es mi destino.
Une destinée qui aurait pu être tout autre.
Qui aurait dû être tout autre.
Je disais donc que j’avais lu Le Spectre de l’Isotèle.
Je l’ai relu.
Pour bien comprendre.
Etre sûr que ce roman n’en est pas un.
Qu’il en a la structure et le style narratif.
Mais que la fiction n’est qu’apparente.
C’est bien un homme que l’on tente d’abattre.
Une vie que l’on ne répugne pas à vouloir briser.
Qui plus est devant tant de témoins.
Qui ne témoigneront qu’indifférence, complaisance et feinte ignorance.
Sans sembler ressentir une once de culpabilité.
Et encore moins de honte.
Cette histoire appelle à s’interroger sur l’Institution.
Pas les institutions.
Mais bien l’Institution.
Si difficile à définir, à circonscrire.
Et pourtant tellement puissante.
L’Institution ne saurait être confondue avec l’Organisation.
Elle la dirige.
Et s’appuie pour cela sur des relais internes.
Sur des relations extérieures.
Et sur la force de sa représentation aux yeux des membres de l’Organisation et des corps constitués.
L’Institution, à commencer par son niveau suprême, ne saurait être contestée.
Ses actions sont obligatoirement légitimes.
Elle ne peut saper les détenteurs d’une parcelle de pouvoir qui n’existent que par elle.
Et donc pour elle. Pour son existence.
Pour obtenir une reconnaissance.
Du moins le croient-ils.
Pour maintenir leur position au sein de l’Organisation.
Pour quelques prébendes.
Le livre est plein d’images, d’allusions.
Le style est celui des belles-lettres.
Il n’en demeure pas moins très fluide.
Incisif, aussi.
Au service d’une démarche exploratoire.
L’exploration d’un système qui conduit à une situation aberrante.
Une situation dangereuse pour le lanceur d’alerte et pour tous les citoyens qu’il entend protéger.
Des citoyens dont la sécurité ne semble préoccuper ni l’Institution ni les membres pourtant éclairés de l’Organisation.
Le style concourt à la puissance évocatrice de l’œuvre d’Amine Umlil.
Il sert un exposé rigoureux et circonstancié de faits blâmables, voire condamnables, et de comportements déviants.
Ce roman dérange.
Il met mal à l’aise le lecteur qui se dit : Qu’aurais-je pu faire si j’avais été la victime de l’Institution ? Qu’aurais-je pu faire si j’avais été témoin de l’opération de marginalisation du lanceur d’alerte ? Que pourrais-je faire pour éviter l’élimination du lanceur d’alerte alors que son seul tort est de vouloir protéger les citoyens et mettre fin à des pratiques nées de l’incompétence et de la suffisance de leurs auteurs et rendues possibles par la cupidité et la veulerie de leurs complices.
La victime, somme toute, de quelques hommes imbus de leur pouvoir supposé ou réel et en abusant.
Assurés de leur impunité, pensant, en dépit des leçons de l’Histoire, qu’une erreur ne saurait être collective.
Le Spectre de l’Isotèle ne peut que déranger.
Et heureusement.
Car trop peu de lanceurs d’alerte ont pu faire bouger les choses, apporter la sécurité aux citoyens ou la réparation quand il était trop tard.
Et ce fut au prix d’une médiatisation de leur alerte. »



 

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