samedi 27 décembre 2014

Le Médicament en pharmacie, les bonbons en grande surface. Et la vaccination par le pharmacien ?


Rappelons d’abord qu’il ne faut pas arrêter un traitement médicamenteux sans un avis médical préalable. On parle de « risque ». Il n’est pas certain que ce risque se produise.

Le paracétamol (DAFALGAN®, DOLIPRANE®, EFFERALGAN®, etc.) est l’un des médicaments les plus consommés au monde. C’est l’un des médicaments les mieux évalués. C’est un médicament qui est souvent banalisé, à tort

En France, le paracétamol est en vente libre dans les pharmacies. Sa dispensation – notamment sa délivrance – pharmaceutique ne requiert pas systématiquement une prescription médicale. Il est évoqué comme un exemple de « produits » pouvant justifier l’ouverture – la cassure – du monopole pharmaceutique.

Mais, des revirements réglementaires dans des pays européens viennent rappeler les risques inhérents à cette banalisation : des effets indésirables notamment hépatiques – du foie – peuvent conduire à des transplantations du foie. En 2009, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a rappelé que les surdoses du paracétamol représentaient la « première cause d’insuffisance hépatique aiguë ». L’overdose au paracétamol peut conduire au décès dans 80% des cas.

En Suède, suite à la libération de la distribution pharmaceutique et la sortie du monopole de 615 médicaments, l’augmentation du nombre d’empoisonnements contraint l’Agence suédoise des produits médicaux à plaider pour le retour de la forme comprimé du paracétamol dans le monopole pharmaceutique à partir de mars 2015 « afin de protéger la santé publique ». Parmi les raisons justifiant cette décision, on note une augmentation :

-     du nombre d’appels annuels reçus par le Centre d’information sur les poisons : de 2500 (en 2006) à environ 4400 (en 2013) ;

-     du nombre de patients hospitalisés pour empoisonnement au paracétamol : de 529 (en 2006) à 1161 (en 2013) ;

-     des ventes de paracétamol : de 60% dans les 5670 supermarchés, stations services… alors que cette augmentation n’est que de 7% dans les officines (les pharmacies de ville).

Tout médicament appelle à être appréhendé sous ses deux facettes inséparables : le bénéfice et le risque.

Un médicament n’est pas un produit de consommation comme les autres. Son maintien dans un environnement spécifique (médical) – et séparé des autres produits de consommation courante facilement accessibles – me semble justifié.

Quant à la vaccination par le pharmacien, mes interrogations sont aujourd’hui en suspens. Je ne suis pas convaincu de l’efficience (qualité, sécurité, coût) de cette mesure.

Avant de confier au pharmacien des tâches supplémentaires qui ne relèveraient pas de sa formation, avant de disperser les moyens disponibles, a-t-on soulevé au moins cette question : le pharmacien est-il aujourd’hui en mesure d’assurer pleinement son métier premier ?

Pourquoi ces glissements de tâches ?






vendredi 12 décembre 2014

Le Médicament : des autorités de santé nationales désavouées par le Conseil d'Etat ?


En préambule, rappelons qu’il ne faut jamais arrêter un traitement médicamenteux sans un avis médical préalable. On parle de « risque ». Il n’est pas certain que ce risque se produise.

Mes écritures antérieures mettent en évidence la responsabilité collective dans la gestion du médicament. Evitons de désigner les laboratoires pharmaceutiques comme les seuls responsables de la situation.

En France, dans le domaine du circuit du médicament, les repères semblent se perdre.

L’inertie des autorités sanitaires est souvent publiquement critiquée. Dans ce cas, le « bruit » se manifeste, grandement.

Mais, l’action de ces mêmes autorités est parfois, elle aussi, empêchée. Dans cet autre cas, le silence serait de rigueur.

Années 2010, 2012 et 2013 : Des décisions de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) remises en cause par le Conseil d’Etat (CE)

En France, la plus haute juridiction administrative - le Conseil d’Etat (CE) - est venue contredire des décisions de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

En 2012 et en 2013, le CE a suspendu les décisions de l’ANSM qui avaient prononcé la radiation de plusieurs médicaments de la liste des spécialités remboursables.

En 2010, le CE a annulé une décision de l’ANSM qui avait suspendu l’autorisation de mise sur le marché d’un médicament.

Actuellement en 2014 : Des décisions de l’Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie (UNCAM) devant le Conseil d’Etat (CE)

L’union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) a souhaité imposer, dès le 1er novembre 2014, un accord préalable à toute initiation de prescription de certains médicaments.

La prise en charge de ces médicaments ciblés est subordonnée à cet accord préalable du service de contrôle médical des caisses.

Mais, au moins deux laboratoires pharmaceutiques ont introduit des recours, en urgence et au fond, auprès du Conseil d’Etat.

Dans le cadre de la procédure d’urgence (référé), la haute juridiction administrative a rejeté les demandes de ces deux laboratoires qui réclamaient la suspension en urgence de la décision de l’UNCAM.

Le Conseil d’Etat n’a pas encore statué sur le fond (demande d’annulation pour excès de pouvoir).

Les décisions de l’UNCAM seront-elles annulées par cette haute juridiction ?

La réponse sera donnée probablement dans quelques mois.